Je pensais tourner au niveau de Tajuba pour arriver dans cet ancien village de pêcheurs perdu au milieu des dunes. Jericoacoara, Jeri pour les intimes, est depuis qu’il est parc national devenu un repaire touristique à ne pas louper au Brésil. Encore une des plus belles plages au monde à mon compteur! Mais comme bien des fois au Brésil, j’ai loupé le croisement… et fini à Jijoca, l’entré principale du parc.

Là a commencé la bataille pour me défaire des guides, qui me certifiaient haut et fort que c’était inconscient d’y aller seule, que j’allais me perdre dans les dunes blablabla. C’est devenu un jeu, qui a duré une heure et demi, au départ avec tout les guides qui se sont peu à peu lassé sauf un bien décidé à me faire changer d’avis. C’est marrant, au vu de mon insistance il m’a tout de suite demandé si je suis française, à priori je ne suis pas la seule à leur donner du fil à retordre… Pour me prouver qu’il est bien un vrai guide officiel, j’ai eu droit à tout les papiers, conseils bref tout son lot d’arguments devant un public amusé de suivre notre bataille et curieux du dénouement. J’ai fini par céder. Il l’as bien mérité! Très sympa, il m’a montré le chemin, qui soit dit en passant était loin d’être si dur risqué et introuvable comme il le disait, et donné quelques explications sur le secteur, par oú aller pour voir les lagons et les rues de Jeri. En chemin, il a légèrement dégonflé mes pneus, pour une conduite plus facile dans le sable. Il m’a aussi montré un camping super sympa. La preuve au lieu de 2 jours prévus, j’y suis restée 5! Sur place, les voyageurs ont monté un cirque ambulant, les uns jonglants, les autres aux Bolas, d’autre encore à la guitarre, au chant… Une superbe ambiance!

Pour un brin de sécurité et surtout pour le fun, j’ai embarqué Eldad, un passager pour faire un tour aux lagons. Il y en a 3 principaux à voir autour de Jeri :

– lagoa Azul : on est passé par Préa, qui selon les locaux etait le chemin le plus facile d’accès. A notre arrivée, des hamacs dans l’eau nous tendaient les bras pour nous poser et chose curieuse, il y avait peu de touristes!

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– lagoa Paraiso : juste après le premier, accessible par la piste de sable bien entendu, il a lui aussi des hamacs dans l’eau et une tirolienne! J’en avais trop envie mais elle est hors fonction car depuis 10 ans l’eau du lac baisse et l’arrivée au depart dans l’eau est maintenant à 3m du bord alors qu’on est sur la fin de la saison des pluies, là ou le lac est le plus rempli. J’ai consolé ma déception dans un hamac et en discutant avec un couple brésilien qui nous avait indiqué le chemin plus tôt dans la journée et très heureux de nous retrouver là.

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On est rentré par les dunes sous le soleil couchant.

– laguinho da Torta : j’avais envie de voir Tatajuba le nouveau (l’ancien a été ensevelis par les dunes mouvantes), que j’avais loupé lors de mon arrivée. Pour y aller, c’était 25 km de plage entrecoupée par le rio Guriù avec une traversée en bac à la clé et possibilité d’y voir des hyppocampes. Comme a dit Eldad, je devais être conectée au village. Pour l’avoir vu, je l’ai vu! en bas du village la Bloup a frizé. j’avais beau passer les vitesses, elle ne voulai rien entendre et faisait du sur place. Etant en surplomb de la mer et la rivière, on est partis à la recherche d’un mécano. Ce qu’on savait pas c’est que la marrée monte haut et qu’en moins d’une heure Bloup serait sous l’eau… un bon coup de stress! le pêcheur nous ayant fournis l’info etant aussi mecano à ses heures perdues a résolu mon problème de vitesse et m’a embarqué pour un tour à pleine vitesse sur le chemin contournant la rivière dont on avait loupé la bifurcation. J’ai récupéré Eldad 15 min après (il m’aurai facilement fallu 45min toute seule) mais avec le pneu avant crevé… le pêcheur est repartit tout penaud et cette fois direction le vrai garagiste! La chasse au trésor! Mauvaise news, le cable d’embrayage était à 2 doight de lacher et l’embrayage était mort, d’où le manque total de puissance de Bloup…au lieu d’une journée au lagon c’est chez le garagiste qu’on l’a passée et j’ai dû y retourner le lendemain pour le payer, je n’avais pas prévu cette dépense… Mais à être aussi près du lagon, autant y aller quand même! je commence à avoir l’abitude de conduire de nuit dans le sable. Et vu l’heure c’était désert! Le retour sur la plage avec le coucher de soleil puis les étoiles était vraiment au top!

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A Jeri, il y a aussi de quoi s’occuper, avec un tour dans le village qui vit au ralentis avec ses rues de sable interdites aux voitures. L’ambiance y est sympa, mais peut de monde dehors le soir, chacun est dans son auberge surement à cause de la basse saison. Il y a une boulangerie originale qui n’ouvre ses portes que de 2 à 5h du matin pour les fringales nocturnes.  J’ai admiré le coucher de soleil depuis la colline Serote et essayé de faire la fameuse photo du soleil couchant dans le trou de Pedra Furada (pierre trouée) mais à l’approche du coucher de soleil, c’est LE lieu rempli d’inombrables touristes qui font la queue pour prendre une photo, alors que le coucher de soleil est aussi beau et bien plus tranquile à 100m de là sur la plage. La dune du soleil est aussi connue pour ça. Si vous aimez les bains de foules c’est parfait! si vous préférez la tranquilité comme moi, il suffit de marche jusqu’à la dune d’après.