Juste après le pont de Kodovjat, nous avons redemandé notre chemin à une voiture qui passait : à gauche ou tout droit? La réponse a été entre les 2 sur le sentier qui monte si on veux rejoindre Teqedushkut. Et bien ça montait sec! ça avait le mérite d’etre clair, fini la récré, on entre dans la cours des grands.

Il nous a fallu une bonne heure pour atteindre le premier village et l’accueil a été super : un café dans une famille et une bierre au bar. De là, notre hote nous a dit qu’on devait à tout prix passer au monastère de Père Thomas. Donc Teqedushkut à 1h30, Grabov 2h plus loin puis 3h pour le monastère. Nikel, on pensait se poser près de Teqedushkut pour la soirée, passer le lendemain au monastère puis arriver à Pogradec le surlendemain…
La réalité a été bien différente.
Le soir meme, tout allait bien. Nous avons posé la tente près d’un champ où les enfants gardaient un troupeau de chèvres et moutons. Nous avons été leur centre d’intéret jusqu’à la nuit tombée qui a sonné pour eux le retour au village. Ils m’ont meme aidé à ramasser du bois pour le réchaud, je me suis retrouvée avec une véritable réserve me permettant de tenir minimum 3 jours, c’était mignon.
Le lendemain a commencé a caracoler. Notre réserve de 6 litres d’eau avait grandement diminuée et toujours pas de Teqedushkut en vue… En chemin un berger nous a dit qu’on en était à environ 2h (on marchait depuis 1h30) et qu’il n’y avait pas d’eau là-bas et Grabov très loin à pieds. A nos tetes dépitées, il nous à pris en pitié et dit à son collègue de nous guider par les raccourcis et de nous donner de l’eau de leur réserve au campement. C’était partis pour une course en montée. Pour eux, c’est un immense terrain de jeux dans lequel ils se déplacent plus facilement que des cabris. Pour nous, une toute autre histoire! On est arrivé au camp totalement essouflés avec la langue pendante tellement on était déséchés.
Du campement, il nous a ramenés à la route de macadam et dit “DIRECT”. Teqedushkut était un peu plus loin, avec un grand lac couvert de nénuphars. Nous y avons vu d”autres bergers qui eux aussi nous ont ravitaillé en eau et dit “Grabov DIRECT”.
On avait pas fait 200m qu’on avait déjà un croisement… On a essayé de suivre ce qui ressemblait le plus à la voie principale, et c’était pas gagné. plus tard en regardant sur Google Earth, j’ai découvert qu’un grabouillis d’enfant est plus clair que ces routes.
Je pense qu’un ange veille sur nous ou plutot toute une armée au vue de notre chance et c’est finalement en fin de journée que nous sommes arrivés en vue de Grabov, Dieu seul sait comment.
On a passé la nuit juste en face du village.