on a fini avec celles laCoté voiles, on avançait bien alternant selon le vent. Par contre, au bout de quelques jours le Spi (la jolie voile toute colorée à l’avant) a commencé à donner du fil a retordre : il pensait sûrement qu’on ne faisait pas assez d’exercice et à décidé de casser son écoute (une des cordes qui le retient sur le coté) en moyenne toutes les 24h, de préférence de nuit entre le quart de Güneş et celui de Philippe. Ce serai dû à un frottement trop fort avec une des pièces, et malgré tout les efforts et différents bricolages de Laurent il n’en a fait qu’a sa tête. Au départ renvoyée régulièrement à l’intérieur de peur que je finisse à l’eau, puis loupant la manœuvre car je dormais, j’ai fini par en faire une toute petite partie alors que les garçons de leur coté avaient acquis un automatisme a force de le faire. Güneş aidait Philip avec la voile devant pendant que je winchais (tournais la manivelle pour monter la voile) derrière le tout sous la supervision de Laurent avec des grands signes de la main et 2 mots hurlés pour être sur d’être compris : choque (relâche) ou borde (enroule).

Un soir, Laurent m’a réveillé pas vraiment en douceur puisque c’était des hurlement de mon prénom depuis le pont… Et arrivée en haut j’ai vu le désastre. La drisse (corde du haut de la voile) du Spi, histoire de changer de l’écoute a cassé à son tour mais cette fois au lieu de simplement voler et essayer de faire des nœuds, le spi a eu envie de tester la température de l’eau a notre grand désespoir. Donc nous étions tous sur le pont, personne attaché, avec de la houle, et que les garçons qui avaient une lampe frontale, a essayer de remonter le Spi à bord. Une voile mouillée ça pèse une tonne ! Et encore plus quand on tire désespérément dessus alors qu’elle est coincée dans l’élise du moteur, c’était de mieux en mieux ! Laurent n’a pas hésité a sortir le couteau, pour la suite on verra plus tard. Une foi le Spi remonté, il a juste mis un bout autour de sa taille et plongé comme ça avec une lampe étanche pour voir s’il pouvait déloger le morceau de spi resté dessous sans succès. Il a replongé le lendemain de journée. Résultat ça nous faisait encore une voile en moins et pas de moteur utilisable… Il nous restait que la trinquette (mini voile de tempête) de dispo et quand il n’y a pas assez de vent ça fait sacrément rouler le bateau ! C’était compliqué de réussir à dormir quand on roule d’un coté à l’autre du lit, heureusement qu’un filet nous empêche de finir par terre.

Quelques jours plus tard, Laurent a tenté de créer son propre design de voile et coupé bien proprement cette fois la tête du Spi pour y faire un nœud. Une foi hissé, ça fonctionnait plutôt bien et ça nous a permis d’avancer un peu plus vite que juste avec la trinquette. On a recyclé le reste de la voile en hamacs ultra légers qui vont être super pratiques pour la suite de notre voyage.

recyclage du spiLe surlendemain de notre aventure avec le spi, j’ai été réveillée par l’arrêt du moteur. Je dormais trop bien pour avoir l’entendu démarrer. En général le moteur en pleine nuit accompagné de « chtac ! Chtac ! » ça veut dire qu’il y a eu une manœuvre. Donc encore toute endormie j’ai appris à la prise de mon quart matinal que c’était impossible d’utiliser la grande voile a cause du rail… J’ai pas tout compris le pourquoi du comment mais le but était de passer le message à Philippe à la fin de mon quart. J’ai eu les explications plus tard dans la matinée : le rail qui permet à la grand voile de monter le long du mat a ses vis qui se sont desserrées et donc bloque la voile pliée, ce qui a fait batailler Güneş et Laurent dans la nuit. On a eu de la chance que ça n’arrive pas quand la voile était ouverte… Dans la même période la drisse du Geneaker à lâché  rendant la voile inutilisable et le Génois n’ayant pas plus envie de bosser que les autres voiles a commencé à partir en lambeaux à cause de l’usure. On a d’abord vu la bande de protection en bas se découdre puis par bandelette se réduire a vitesse grand V.

Bref notre grand et beau voilier avec 5 voiles interchangeables du début est arrivé un peu moins voileux  à destination au bout de 18 jours. C’est le réparateur de voile qui va être heureux!