Nous sommes repartis de l’hôtel en fin d’après midi, le soleil cognait bien trop fort pour se lancer plus tôt et quand on a un lit, on en profite jusqu’au bout donc il était hors de question de se lever aux aurores.

 

Après la visite rapide d’un ancien fort, et surtout hypnotisés par le départ des gros paquebots passant juste devant nous, nous avons opté pour notre première nuit en hamac sur la plage seulement 3km plus loin. Imaginez une grande plage tranquille de sable fin avec l’eau claire et plein d’arbres qui vous tendent les bras ! Ça ne donne aucune envie de chercher si la suivante est encore mieux. Surtout que nous avions zappé un détail pas des moindres : certes il fait chaud et on se croirait en été mais le soleil même à l’autre bout du globe est en mode hivers donc il fait nuit à 18h30. Pour les hamacs, nous sommes de vrais novices alors ça donne du je fis 15 fois le tour de l’arbre avec une bonne 50e de nœuds pour être surs de ne pas finir au sol dans la nuit. Oui on a appris quelques nœuds marins efficaces à bord, mais on ne sait jamais. Une bâche sur nos tête à fait l’affaire au cas où il pleuve. C’est impossible a prévoir et c’est rarement plus de 10min d’averses mais toujours assez pour vous tremper. Les arbres ont pris le relais de nos épaules pour porter nos sacs pour la nuit avec l’aide d’une corde. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour être sure de m’endormir en sécurité suspendue ainsi mais après impossible d’en ressortir. C’est trop confortable ! On a même pris nos petit déjeuners dedans. C’est une averse qui nous a enfin décidé a quitter ce décors de rêve pour explorer le reste de l’île. De toute façon les catamarans remplit de touristes arrivaient et la tranquillité s’était envolée. Un arrêt réhydratation au bar du village nous a appris qu’ici, les cartes n’ont pas l’Europe mais les Amériques au milieu, ça fait tout drôle. On s’est quand même motivés pour réellement rejoindre notre prochaine étape : Jolly harbourg.

jolly beach

On s’est fait surprendre par la nuit et une dame en chemin nous a dit de faire très attention, que ce n’est pas sur de se balader de nuit… un peu plus loin, 2 jeunes anglais en voiture nous ont presque imposé de monter à bord pour nous conduire jusqu’à une plage sécurisée car cette partie était dangereuse avec des attaques à main armée ces derniers mois. Même de jour c’est déconseillé de s’y rendre. Ils nous ont posé à bon port dans Jolly harbourg après le poste de sécurité avec les indications pour un bout de plage ou on serait très bien pour la nuit… Étant fatiguée, je n’avais plus aucune envie de traverser toute la plage alors que des lits (transats) avec un toit (parasol) nous tendait les bras juste devant nous. Le barman du Castaways très sympa nous a permis de rester et même proposé de prendre une douche gratuitement le lendemain (il n’y en a pas sur les plages). Il aime camper et se met facilement à notre place. Il en fallait pas plus pour nous !

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe même barman nous a réveillé le lendemain matin nous priant de bouger sinon il serait obligé de nous faire payer les places. Il nous indiquait une place au pieds des arbres un peu plus loin mais on a préféré se rendre directement au bar, j’avais trop envie de prendre une douche et Güneş rêvait d’un vrai petit déjeuner. On y a même revu nos sauveurs de la veille. Nous qui nous étions promis de marcher le matin, faire une pause pendant que le soleil cognait le plus fort, on a refait la même que l’été dernier : ce n’était que des paroles et nous marchons aux pires heures du jour. Quand on n’est pas du matin, on ne change pas ! Nous n’avions pas le choix pour cette partie de l’île, on devait se farcir la route principale. Ça n’avait rien d’intéressant et les gens conduisent comme des fous. C’est perturbant de les voir conduire à gauche, et plus d’une fois après une pause il nous fallait réfléchir pour savoir de quel coté on devait marcher. Depuis petite, on me rabâche de marcher à gauche en face des voitures, eh bien ici c’est l’inverse et une habitude ne se perd pas si facilement. La plupart du temps, il conduisent au milieu, donc l’affaire est réglée.

Nos divertissements de la journée ont été le déjeuner en face de Montserrat, l’île voisine et une pause ananas acheté dans une boutique de rue. Les 2 filles de la vendeuses se sont dessuite jetées sur nos bâtons pour jouer avec et elles étaient encore plus émerveillées quand je l’ai réglé à leur taille. La plus petite (2ans) n’étant pas du tout timide est venue s’installer entre mon sac et moi et à troqué ses biscuits contre quelques morceaux d’ananas, elle était trop mignonne. Les plages ont laissé place à la foret et aux montées. L’idéal pour se souvenir qu’on a des muscles qui n’ont rien foutu pendant ces derniers mois et qui me l’ont durement rappelé. Mes épaules et mes hanches n’étant elles aussi plus habituées à porter mon sac me tiraillaient cruellement. C’est décidé, tout le bordel que j’avais gardé sous prétexte d’être a bord du bateau va bientôt disparaître si je veux survivre. L’idéal serait de les donner en chemins aux personnes qu’on rencontre. On a fini par arriver en fin d’après midi au réservoir d’eau au milieu de la Rain forest. Le décor était vert, très vert : l’eau, les arbres, même la peinture du bois de l’aire de pique nique.

 

crabe forestierNous avons passé 2 jours sur place, parfois perturbés par un minibus de touristes venus pour admirer la foret et repartis aussi vite. Mais notre principale compagnie était les hérons locaux et les mangoes (petits animaux locaux ressemblant à des écureuils). Ces derniers sont vraiment rigolos a venir en terrain découvert pour le jus d’une boite de thon vidée au sol. On dirait les jumeaux dans l’age de glace.  Ils venaient un petit peu, dès qu’on bougeait ils filaient en sens inverse puis retentaient leur chance 5 min plus tard et si nous partions un peu plus loin, c’était la ruade a celui qui irait le plus vite inspecter la place de notre repas pour glaner les miettes tombées de la table. Ça changeait grandement de l’animation furieuse de la route. J’ai même réussit à convaincre Güneş de faire un trek dans la foret alors que le panneau disait clairement que les entiers ne sont pas indiqués et s’apparentent plutôt à une piste de chèvre… La fameuse piste de chèvre était très facile à suivre et nous a menée à un point de vue superbe sur presque tout le sud est de l’île. En chemin on a fait connaissance avec les crabes forestiers, vivant comme des Bernard l’Hermite mais dans des coquilles d’escargot de terre. Du moins on en aperçu une partie car nous ayant entendu arriver, ils se sont vites cachés à l’abri de leur maison et pas un n’a voulu me montrer sa jolie frimousse. Nous avions encore de la route de prévue donc on les a laissés bouder notre présence et repris la direction de la route.

Qui a déjà conduit à gauche? Est il facile de ne pas se tromper au bout de quelques minutes?